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Vers Eklablog

Je quitte Overblog pour Eklablog.

Ma nouvelle adresse :

http:// textetexte.eklablog.com

Je vous y attends, les amis...

8 novembre 2007 4 08 /11 /novembre /2007 06:37

 

froid matinal

buée sur le pare-brise

à effacer

 

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7 novembre 2007 3 07 /11 /novembre /2007 07:04

partagée
en sachets

une brassée de lavande

 

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6 novembre 2007 2 06 /11 /novembre /2007 04:35

 

sur la chaussée

attendre les yeux ailleurs

la fin du bavardage

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5 novembre 2007 1 05 /11 /novembre /2007 18:15

 

 

- Maintenant, il faut envoyer cette enfant à la campagne, dit le médecin à ma mère.

Il faut qu’elle reprenne des forces.

 J’avais onze ans. Je relevais d’une grave maladie qui m’avait presque mise aux portes de la mort .J’avais passé six semaines au lit, avec interdiction d’en bouger. D’ailleurs, je n’aurais pu le faire même si j’avais voulu. Mes membres, rouges et enflés, étaient douloureux. Couchée à plat ventre, le seul mouvement que j’avais fait pendant tous ces jours, avait été de tourner, à l’aide d’un seul doigt, les pages des  livres qui m’aidaient à tuer le temps. J’en avais lu cinq tous les jours, maman, attendrie par

mes souffrances, faisant l’aller-retour quotidien à la bibliothèque du quartier..

Tout cela venait de se terminer

  La joie monta en moi, avec force La campagne, c’était chez ma douce tante Marie que j’aimais beaucoup Elle habitait Aboul Matamir, dans une magnifique villa, entourée de jardins. Pour moi, c’était le paradis, après le cauchemar de la souffrance auquel il me semblait avoir échappe

Deux jours plus tard, toute la famille m’accompagnait chez ma tante. Je n’éprouvai pas de peine quand ils repartirent car j’avais été longtemps séquestrée par la maladie et puis,  j’adorais la campagne et ma tante. Mon séjour s’organisa très vite autour de la vie à la ferme. Le matin, à sept heures, mon oncle allait dans la cour, envoyer les journaliers, là où on avait besoin de leurs bras. Puis il revenait pour le petit déjeuner avec nous. Les serviteurs trayaient la vache et un grand bol de lait tiède et mousseux arrivait à notre table, pour aviver l’appétit. J’en buvais tous les jours, mais je prenais celui de la veille, glacé et sans sucre.

 Les œufs arrivaient du poulailler, et mon oncle en gobait deux pour commencer. Il essaya de m’en donner un. Mais je ne pus jamais, malgré ses exhortations, à en goûter. La nausée était là, et même aujourd’hui, je la retrouve à la simple évocation

de l’image. Par contre j’aimais le fromage fait maison, et ma tante m’en servait abondamment .On terminait avec des fruits du verger, cueillis le matin même.

J’appris à en goûter les couleurs, le parfum, avant de les porter à mes lèvres

Ils avaient la saveur de ce qui était unique, L’aube les avait préparés, rien que pour moi. Je marchais dans le verger, et je désignais de la main ceux que je convoitais, et on se débrouillait pour me donner satisfaction. Je sentais que je possédais le monde.

Il m’en est resté quelque chose. Lorsque je dois acheter des légumes, je guette le

moment  où la voiture arrive chez le maraîcher, et je fais ouvrir le cageot qui a l’odeur

de la campagne, pour me servir, à mon choix, comme autrefois.

 A dix heures, mon oncle faisait seller son cheval pour aller inspecter le travail en cours. On le craignait, car il était exigeant, mais on le respectait, car il était humain

Son bon cœur était légendaire. Il s’informait quelles étaient les familles de paysans les plus nombreuses, et il leur envoyait tous les jours, le lait en supplément. .Pour les familles les plus pauvres, il avait une autre tactique : il envoyait les jeunes chez ma tante. « Trouve –leur un emploi », lui disait-il, et elle qui l’adorait, inventait des taches, répartissait les responsabilités. Il y avait le poulailler, l’étable, le clapier.

le pigeonnier. Il y avait.le jardin, le potager, le verger. Il y avait enfin la maison,

la cuisine, le four, la laiterie Et ceux qui étaient désignés, remerciaient Dieu de sa clémence car, dans la maison du Bey, la nourriture était abondante, et le service

agréable.

 

  Le lendemain, ma tante m’appela alors que, cachée dans les plates-bandes de cornes grecques, j’observais une bête à bon dieu qui circulait entre les plants. Sur le moment,

Je pensai à ne pas répondre, j’étais si bien avec le plafond de feuilles pour ciel. Puis je me dis que ce serait méchant de faire courir partout ma tante et je me levai avec des ruses de Sioux pour qu’on ne découvre pas ma cachette.

 Arrivée près de la maison, je vis une jeep arrêtée sous le porche Mon oncle était au volant .Il me sourit :

-Tu ne veux pas faire un tour ?

Si je voulais…Je n’aimais rien autant que les promenades en voiture découverte, quand on ne perdait rien du spectacle, et quand le vent de la course, dilatait les yeux d’émotion.

 Je sautai dans la jeep avec un rire heureux

-Une longue promenade, la plus longue possible.

Oncle Albert fronça comiquement les sourcils

-Tu veux nous faire gronder, ma parole, on va voir ce qu’on peut faire …

 Nous traversâmes d’un bout à l’autre la ferme. Je découvrais l’immensité de la mer dans la houle qui balançait les lourds épis .Une demi-heure s’était écoulée. Tout à coup, l’auto fit une embardée : mon oncle prit son revolver et tira un coup qui m’assourdit.

-Sur quoi as-tu tiré lui demandai-je ?

- N’as-tu pas vu le renard ? Il a traversé juste devant la voiture.

J’avais vu passer une boule fauve sans bien distinguer ce que c’était…Mais pour moi, la vie était une chose précieuse, qu’il fallait  préserver à tout prix.

-Tu ne l’as pas tué au moins ?

Ma voix altérée modifia peut-être sa réponse

-Sûrement pas. Il allait trop vite, et je tenais le volant.

Je le regardai, peu convaincue et mal à l’aise.

-Peut-on rentrer maintenant ?

Mon oncle me regarda attentivement :

-Je vais simplement jusqu'à la maison du gardien. Je dois lui donner des ordres.

On revient tout de suite après

 Le retour fut morose. La journée avait été parfaite La luminosité, la fraîcheur, les couleurs, la joie de vivre, tout le monde en avait profité. Tout le monde sauf cette pauvre bête qui était peut-être sortie de sa tanière poussée par la faim. Et maintenant

tout était gâché.

 Mon mutisme inquiéta oncle Albert, il arrêta la jeep et me regardant dans les yeux :

-J’ai tiré par pur réflexe, sans même viser. Il a eu plus de peur que de mal, ne t’en fais pas.  Demain, il ira de nouveau courir dans les champs.

 Je plongeai mon regard au fond de ses prunelles, il ne cilla pas, Je souris, rassurée :

-Je suis contente que tu l’aies raté. .Pourquoi tuer sans raison ?

Il sourit sans répondre, et reprit la route. Une odeur de méchoui nous accueillit, dès que nous arrivâmes. Ma tante nous appela:

-Le dîner est prêt. A table.

J’appris alors combien le métier d’ingénieur agronome était signe de prospérité Une vingtaine de pigeons répandaient leur fumet, et grésillaient sur un feu de charbon.

-Attends-tu du monde ?

-Mais non, c’est juste pour nous.

La petite citadine que j’étais, fut émerveillée

-Est-ce possible ?

-Bien sur et tous les jours c’est pareil. Veux-tu de la bière ?

-Non merci, l’alcool me fatigue.

Après le repas, la douzaine de pigeons en surplus fut distribuée à des femmes qui attendaient dans le jardin. Je remarquai une adolescente aux longues tresses qui restait un peu loin, et qui ne s’approcha pas comme les autres

-Il y a celle-la qui a l’air d’être timide. Ne l’oublie pas

-Badreya, viens prendre ta part.

Quand elle fut à deux pas, je vis qu’elle était belle, avec des traits harmonieux comme seules, les vraies paysannes, en Egypte, en ont.

Son air fier me plut, elle regardait droit dans les yeux.

-Elles viennent tous les jours ici ?

-Ce ne sont pas les mêmes. Il y a un roulement .Chacune vient deux fois par semaine

-Mais pourquoi sont-ils pauvres ? La campagne est si prospère…

Mon oncle eut un sourire triste :

-Ils ne possèdent pas la terre. Ils la cultivent pour le propriétaire,  un Libanais

nommé Hammam El Azmi  Il n’est pas mauvais, mais il ne s’intéresse pas de près à ses paysans. Il laisse faire ses hommes qui eux ne sont pas tendres avec eux. Ils leur payent un salaire de misère, dont ils prélevaient encore un pourcentage pour eux-mêmes avant notre arrivée.

-Mais c’est affreux. Et pourquoi ne te ferais-tu pas leur porte-parole quand tu as l’occasion de rencontrer le propriétaire ?

-Je ne suis ici que depuis un an. Me croira-t-il plutôt que les autres qui sont là depuis toujours, et qui ont sa confiance ?

-Si tu n’essaies pas, tu ne le sauras jamais

Ce soir- là,  dans mon lit douillet,  je rêvai d’un monde généreux où plus personne n’aurait jamais faim. 

 

Deux jours plus tard, Badreya fit son entrée dans la ferme avec la boulangère, une femme forte, au sourire éclatant :

-Je vais vous faire des fitirs tels que vous n’en avez jamais goûté

-D’abord le pain, Om Adel.

-Bien sur, bien sur, je m’en occupe tout de suite.

Elle releva ses manches, s’accroupit devant une immense cuvette. Badreya, debout, lui passait les ingrédients .Elle n’utilisait pas de mesures de quantité, j’en fus surprise

Tante m’expliqua :

-Elle n’en a pas besoin .Elle n’a besoin que de ses yeux, et c’est bien assez .Tu goûteras son pain, et tu m’en diras des nouvelles.

Au bout d’un moment, Om Adel se leva

-Badreya, yalla, fillette, viens pétrir la pâte.

C’était dur, je le voyais aux efforts que la petite devait déployer, pour maintenir le rythme. Quand on lui donna l’ordre d’arrêter, des gouttes de sueur perlaient à son

front.

Je pris Tante à part :

-Badreya a donc raté l’école aujourd’hui ?

-Quelle école ? Il n’y a pas d’école dans ce coin du pays

-Alors comment passe-t-elle ses journées ?

-Elle travaille soit aux champs avec son père et ses frères, soit à la maison quand sa maman a besoin d’aide.

-Elle ne sait pas lire ?

-Les études, c’est un luxe. Ne le savais-tu pas ?

 Le monde basculait pour moi .Pour la première fois de ma vie, j’en découvrais les coulisses.Et ce n’était pas agréable. Mes parents nous maintenaient dans un climat

feutré et idéal, ne se disputant jamais devant nous, nous éduquant par l’exemple, montrant l’image d’un couple uni, apprécié des nombreux amis attirés par leur bienveillance et leur hospitalité. La vie était simple et facile avec eux. .Il avait fallu que je vienne à la ferme pour commencer à me poser des questions.

-Et bien, Badreya apprendra à lire avec moi.

Ma tante eut une moue dubitative :

-Je n’y crois pas mais je te laisse faire.

- As-tu des magazines ?

-Quand nous allons au Marquez, ton oncle m’en achète. Viens te servir .Je les garde

pour les relire de temps à autre.

Pendant que prenant  mon rôle au sérieux, je choisissais les pages qui allaient me servir pour Badreya, mes narines furent irritées par l’odeur d’une fumée persistante :

-Quelque chose brûle, ici ?

Ma tante sourit :

-Tu ne veux pas voir comment on cuit le pain ?

Les serviteurs amenaient des brassées de branches qu’ils déposaient dans une pièce

contiguë à la cuisine .Sur une tableya, table à pattes courtes,Om Adel, accroupie, étalait avec une dextérité étonnante, les petites boules de pâte , qu’elle enfournait aussitôt. On pouvait voir l’action de la chaleur sur le pain qui enflait, et qui rosissait sur le dessus. Alors, il était promptement retiré, pour refroidir lentement .Les visages

réjouis de tous ceux qu’attirait  la manœuvre,et ils étaient nombreux, me firent une impression inoubliable. C’est depuis ce jour que j’aime l’odeur du pain chaud. Il est chaleur humaine, avant tout  Il représente le résultat d’un effort considérable, que l’on fait pour la communauté Il est signe de convivialité, et de bonheur. J’ai toujours aimé le mot compagnon. Sa formation que j’ai découverte au cours d’une leçon de langue française, me plonge dans un ravissement toujours renouvelé. Partager le pain, c’est si beau, c’est célébrer la vie dans ce qu’elle a de plus précieux, le relation avec ses semblables

 Apres le pain, la boulangère fit des fitirs, sorte de crêpes apparentées à des mille-feuilles .  La voir opérer tenait du prodige : elle tenait la pâte avec le pouce et l’index de chaque main, la lançait en l’air, et la rattrapait habilement quand, ayant redoublé de volume,  elle retombait sur la tableya .Elle répétait plusieurs fois l’opération, puis, en mettait le centre dans un plateau rond, et repliait  tout le surplus qui pendait  à l’extérieur .Cette galette était saturée de samna baladi, de beurre fondu, et était la chose la plus indigeste du monde .Mais, à la campagne, on avait d’autres idées sur la manière de se nourrir sainement…

 Des le lendemain, je commençai les leçons avec Badreya. Elle apprenait vite et j’étais satisfaite de mon élève. Elle aussi,  m’enseignait un tas de choses utiles à la campagne : comment grimper aux arbres, comment trouver un nid, comment apprivoiser un lapin…Lorsque je l’interrogeai sur le renard roux, je sentis

qu’elle éludait la question,  et ne voulait pas répondre .Cela attisa d’autant plus ma curiosité

-Mais si on ne l’a pas retrouvé dans les champs de blé, c’est qu’il a pu se sauver

c’est logique non ?

 Elle me fit signe de me taire, car quelqu’un s’approchait de nous. Je la pris par la main, et courus vers le potager  dans l’abri des plates-bandes de cornes grecques.

-Alors, dis-moi maintenant tout ce que tu sais .

-Le grand-père de mon grand-père avait tiré sur lui, et l’avait touché à mort .Il jurait qu’il avait une plaie entre les deux yeux et qu’il n’était pas possible qu’il survécut à une telle blessure. Or quelque temps, après l’aventure, on le revit près du poulailler de la famille. Et pendant des saisons, il revint toutes les nuits pour leur dérober une proie facile .Mon aïeul avait beau le guetter avec les meilleurs tireurs parmi les voisins, jamais ils  ne purent le surprendre

L’histoire me passionnait, elle creusait en moi, un frisson de peur qui me plaisait.

-Veux-tu dire que c’est le même, depuis le temps ?

-.C’est un véritable démon. Si quelqu’un essaie de le détruire, il lui arrive malheur, sa maison brûle, ses récoltes sont perdues, la mort frappe sa famille…

 On préfère ne pas le rencontrer. Tu sais, ton oncle a eu tort, mais il ne savait pas…

-Tais-toi.

La peur avait maintenant un goût amer sur mes lèvres.

-Mon oncle ne ferait pas de mal à une mouche, tu le sais…Il n’avait pas l’intention de

tuer ce renard. Et puis j’en ai assez de cette histoire abracadabrante.

-Ne te fâche pas, c’est toi qui as insisté pour savoir.

- Je m’en vais.

Cette nuit-la, je ne pus dormir que difficilement. C’est un cauchemar qui me réveilla, hagarde, des larmes dans les yeux. Tante me secouait, gentiment, me caressait les cheveux en me parlant d’une voix tendre

-Là, mon petit,  calme –toi, ce n’est qu’un mauvais rêve

-Où est Oncle Albert ?

-Il est allé voir les journaliers.

-Il est en jeep ?

-Non, il a fait seller le cheval.

-Et tu l’as laissé partir ?

Ma tante me regardait, les yeux ronds

-Mais, tu sais bien que c’est son travail.

-Je dois le voir tout de suite

-Il peut être n’importe ou. On doit attendre qu’il arrive. Mais dis-moi ce qui se passe

Je ne t’ai jamais vue aussi exaltée.

 J’avais le cœur gros, je dis tout pêle-mêle. Tante ne m’interrompit pas une seule fois.

A la fin, elle dit seulement :

-C’est tout ?

Son calme me fit du bien, me ramena à la vie réelle, qui, pour une fois, était mieux

que celle que je créais souvent  par le jeu d’une imagination pour le moins fertile. Je souris avec effort

- J’ai eu peur, mais ça va  aller maintenant…

-Va prendre ton bain .Je vais te préparer ton petit-déjeuner

 

  Je ne vis pas Badreya les deux jours suivants .Je n’avais pas prononcé son nom,

mais ma tante était perspicace, et sans doute, avait-on fait la leçon à la jeune fille

car, une fois revenue, elle sembla avoir tout à fait oublié l’incident. Mais moi, je n’avais pas oublié, et j’attendais un signe, qui ne tarda pas a se manifester Le quatrième soir, un tumulte inhabituel au poulailler, fit accourir le gardien de nuit. Mais, il eut beau essayer d’en découvrir la cause, ce fut peine perdue. Le lendemain, ce fut pareil, et le surlendemain. .Les commérages reprirent de plus belle, mais en sourdine. Les conversations s’arrêtaient net, à notre approche. Le malaise grandissait. Badreya me dit, un jour que nous étions seules, à la buanderie :

-Il est revenu. Chaque jour, il se sert, dans votre poulailler. Ma mère m’a donné ce talisman, cache-le dans la maison, il vous protègera.

-Je n’en veux pas

-Qu’est-ce que tu perds ?

-Je vais réfléchir

-Tu dois penser d’abord à les protéger.

  Ma peur se réveillait plus atroce que jamais. Je devais faire quelque chose, mais quoi ?

  Cette nuit, munie du talisman et de la torche de mon oncle, je me glissai dehors, dès que je sentis que tous étaient plongés dans le sommeil. Je grimpai dans le manguier qui était en face du poulailler, et j’attendis .J’essayai de retrouver les paroles d’une chanson qui évoquait la fraîcheur, et qui commençait par : « vent frais, vent des matins », et j’inventai les paroles que j’avais oubliées .

Mes paupières se fermaient malgré moi, lorsque tout à coup, la sensation d’une présence, me frappa avec la force d’un boomerang. .Il était là, j’en étais sure, même si le silence semblait compact. Mais ou était-il ? Je scrutai l’ombre,  tendis l’oreille pour surprendre un mouvement quelque part.  La nuit ne me livra pas ses secrets.

 Transie de froid, je regrettai de ne pas avoir mon châle avec moi, et je tentai de me mettre en boule sur ma fourche. La torche qui était sur mes genoux glissa à ce moment, et tomba. Mon sang se glaça dans mes veines, car elle éclaira, pour quelques secondes, une masse rousse qui semblait m’attendre au pied de l’arbre ou je m’abritais.

  Mes dents claquèrent si fort qu’il me sembla que tout le monde allait  entendre le cri de ma peur. Mais nul ne vint, alors, j’essayai de trouver en moi, les ressources que le sentiment du danger, y mettait, Au bout d’un long moment, je me rappelai que les  êtres humains pouvaient  se faire entendre des autres règnes de la vie  .Quand, j’arrivai à prononcer deux mots, le son de ma voix m’était étranger .Mais le renard écouta, il écouta tout ce que j’avais à lui dire, et je lui parlai longtemps car je n’avais plus peur. Je sentais une grande et claire joie inonder mon cœur, et c’était comme après une dispute, l’émotion de la réconciliation et la montée de la paix dans l’âme

qui arrive a la libération. Puis je ne pus plus  tenir, je jetai le talisman et entrepris de dégringoler en vitesse pour avoir le temps de bien le voir.

Il ne bougea pas, Lui aussi, il voulait oublier sa méfiance, effacer des années de malentendus. Je m’approchai sans appréhension, et m’assis à quelques pas

Il me regarda droit dans les yeux, et je vis les lueurs dorées de ses pupilles, étinceler

comme des paroles de silence et de lumière, dans l’aube qui rosissait le ciel. Puis, il se leva, observa  avec un rien d’ironie le talisman entre ses pattes, eut comme un indéfinissable sourire, que je lui rendis avec confiance. et disparut comme le premier rayon,mettait plein d’étoiles, dans les feuilles naissantes des arbres.

  Cette aventure marqua ma vie entière, mais je n’en parlai jamais à personne .Une étrange pudeur me retenait au bord des mots. D’ailleurs, à qui aurais-je pu la raconter ? Je n’avais plus revu Badreya .Ses parents inquiets de la voir perdre son temps à lire des revues impies, l’avaient mariée à un proche cousin, qui lui avait fait rapidement oublier les idées bizarres que mon passage avait fait naître dans son coeur .

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5 novembre 2007 1 05 /11 /novembre /2007 12:14

 

avirons délaissés

la main dérivant

dans l’eau immobile

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3 novembre 2007 6 03 /11 /novembre /2007 20:20

 

jouets entre deux eaux

dans la baignoire

heure du bain

 

 

il se fait prier

pour manger la tartine

le petit garçon
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3 novembre 2007 6 03 /11 /novembre /2007 04:22

Je sais que la vie est difficile
Pour nous parfois...
Des forces extérieures créent
Des tensions qui affectent nos vies
De façon imprévisible.

Quelquefois nous laissons nos humeurs prendre le dessus ;
Et ce que nous accomplissons n'est pas
Toujours à la mesure de nos ambitions ;
Nos projets s'évanouissent et nos rêves semblent trop lointains
Pour laisser tout espoir...

Mais au fond de moi,
Je porte toujours notre amour
Et je sais que nous ne devons
Jamais cesser de faire tout ce qui est en notre pouvoir
Pour rendre la vie meilleure...

Après tout...
Nous avons choisi d'être ensemble dans cette vie,
et avec un peu d'effort et de compréhension,
avec beaucoup de patience et d'amour,
c'est ensemble que nous allons vivre heureux.

Pour toujours. 

publié par Téo2510 publié dans : www.eureka
 
Mardi 30 Octobre 2007
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3 novembre 2007 6 03 /11 /novembre /2007 04:12

branchages dépouillés

lacis frêle des tiges

ciel vide d’automne

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2 novembre 2007 5 02 /11 /novembre /2007 08:32

 

changement de saison

les os s’en souviennent

malgré eux

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31 octobre 2007 3 31 /10 /octobre /2007 08:37

Le flamboyant ramène

la lumière oubliée

au fond de la terre

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