Sonnet à l’aïeul
Lové en son fauteuil, l’aïeul va s’assoupir.
Sur son sarrau usé, aux teintes délavées,
Ses pauvres vieilles mains se sont enfin posées
Sans un seul mouvement, sans le moindre soupir.
Les nœuds des phalanges ne sont que souvenir.
Ces mains ont délaissé chimères étouffées
Et cessé de conter les diables et les fées.
Elles ne peuvent plus ni unir ni désunir.
Elles ont prodigué souvent maintes caresses,
Et dans le même temps soigné bien des détresses,
A force de travaux ne reste que douleur…
Sur les genoux cagneux, elles se sont posées
Et ressemblent ainsi à deux ailes blessées,
Elles cherchent, en vain, juste un peu de chaleur.
Jakline





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