La voix
résonne
dans ce
bout
de nuit
moins
sombre
à cause
de leur
présence
La voix
résonne
dans ce
bout
de nuit
moins
sombre
à cause
de leur
présence
Dans un jardin
suivre
ces traces de pas
dans l’écorce
des allées
aveugles
aller
vers une brèche
de lumière
explosion
éloquente
du mimosa
Le galet
se livre
à l’eau
impétueuse
du torrent
au brassage
des molécules
pour que
dans la main
des enfants
éblouis
il acquière
ce reflet lisse
d’aurore
qui arrête
la nuit
Une voix
un visage
le monde
qu’on avait
en partage
les secondes
en un soubresaut
essaient
de sauver
ce qui
peut l’être
des trois temps
de la valse
Tristesse des choses
en route vers la nuit
même pour les roses
hier épanouies
qui pleurent leurs pétales
dans la grisaille étale
où tout finit
tout finit par mourir
même les souvenirs
jadis chéris
D’ambre et de lumière
Aux vendanges, elles arrivèrent rieuses
Elles étaient belles comme des tanagras
Mais il n’en vit qu’une seule, plus gracieuse
Elle, de son côté aussi le remarqua
Sourires échangés, il lui passa la hotte
Et ils s’éloignèrent sur le même chemin
Comme elle paraissait un tantinet pâlotte
Il lui vidait son panier avec le sien
Ils avançaient entre les vignes millénaires
Les fruits tombaient au passage des ciseaux
Ils se frôlaient, troublés, des senteurs de la terre
Et s’enfoncèrent toujours plus dans le coteau
A la pause elle embrassa le garçon candide
Qui lui offrit son cœur dès le premier baiser
Mais elle poursuivait un objectif perfide
La vie avait fait d’elle ce démon blasé
Quand ils s’étendirent, pris d’un désir subit
Le jour les enivra d’ambre et de lumière
Les pousses nouvelles leur servirent de lit
Racontèrent l’amour à la terre entière
Mais elle froidement, escomptant bénéfice
D’une aventure avec le fils du patron
Fit du lieu et de l’heure, ses muets complices
Et l’appâta ferme, au cynique hameçon
Passage
initiatique
le rêve
de l’envol
ne peut venir
que de l'effort
patient
que de l’envergure
des ailes
puissantes
que du don
des ailes
heureuses
Cette sourde tristesse
éclot tous ses miroirs
dans le cœur en chamade
bloque l’esprit troublé
en ses crevasses dures
se révolter
au moins cela
pousser ce cri
de Sisyphe
plus fort
que la montagne
qui le tue
Enlacées
les mains
aux marées
basses
de l’été
elles ont banni
le décompte
des syllabes
pour la sauvegarde
de l’infini
du temps
Ces amitiés
qui s’épanchent
généreusement
avec le goût
et la couleur
d’un vin
précieux
ces amities
qui savent
traverser
impunément
le temps
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