Elle est la enfermée
dans la souffrance
comme dans une coquille
elle refait le parcours
en sens inverse
redevient enfant
incapable de se passer
de la main qui la nourrit
de la joie des vivants
elle halète doucement
d’avoir trop porté
de jours et de peines
son visage est trop rouge
et ses mains trop pâles
elle agrippe le drap
le drap est trop lisse
et ne la retient pas
elle désapprend les mots
n’utilise que des syllabes
puis des mimiques
puis un clignement d’œil
imperceptible
qui n’atteint même pas
les rides creusées
par la tristesse du monde
elle sombre dans un silence
de grisaille informe
elle écoute de très loin
la voix de la tendresse
qui l’accompagne
un petit bout de chemin encore
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