Sensation étrange
d’univers parallèle
au cœurde la pluie
quand elle picote autour
de l’aura d’un corps
élargi aux dimensions de la tente
mouvement continu
toujours ces mots qui reviennent
scandés indéfiniment
sur le mode
des chuchotements
des murmures
qui s’égrènent en douceur
dans mon cocon de toile
je m’étire à l’infini
vers les nuages
lourds à crever leur peine
j’accueille leur pesant de tristesse
et de prospérité
du même regard impassible
drôles de vacances
toutes grises
qui m’apprennent le bonheur
des grands pans de ciel
triomphants
des éclats de soleil
dans le bleu des flaques
sur toutes les facettes du jour
je m’exerce à la connivence
du silence
quand le merle du merisier
me cligne de l’œil
à cause de l’éclaircie imprévue
qui met la joie à nu
la joie pour soi
et pour les autres
qui sont une part de soi
dans le grand souffle de la terre
Puis cela repart
un picotement de doigts
un frémissement de cils
la voix feutrée
des songes qui naissent
entre les mailles liquides
de cette seconde peau
de terre et d’eau
qui mue inlassablement
en m’emportant dans son vertige
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