D’ambre et de lumière
Aux vendanges, elles arrivèrent rieuses
Elles étaient belles comme des tanagras
Mais il n’en vit qu’une seule, plus gracieuse
Elle, de son côté aussi le remarqua
Sourires échangés, il lui passa la hotte
Et ils s’éloignèrent sur le même chemin
Comme elle paraissait un tantinet pâlotte
Il lui vidait son panier avec le sien
Ils avançaient entre les vignes millénaires
Les fruits tombaient au passage des ciseaux
Ils se frôlaient, troublés, des senteurs de la terre
Et s’enfoncèrent toujours plus dans le coteau
A la pause elle embrassa le garçon candide
Qui lui offrit son cœur dès le premier baiser
Mais elle poursuivait un objectif perfide
La vie avait fait d’elle ce démon blasé
Quand ils s’étendirent, pris d’un désir subit
Le jour les enivra d’ambre et de lumière
Les pousses nouvelles leur servirent de lit
Racontèrent l’amour à la terre entière
Mais elle froidement, escomptant bénéfice
D’une aventure avec le fils du patron
Fit du lieu et de l’heure, ses muets complices
Et l’appâta ferme, au cynique hameçon
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