Le départ imminent
le temps qui se tend
embrasse l’infini
Le départ imminent
le temps qui se tend
embrasse l’infini
Suivre le poème
dans la pénombre
sonder les indices
de la phrase fredonnée
à fleur de conscience
ciseler l’étincelle
rebelle
qui livre
le prologue du jour
et décode son silence
La douleur ne peut être éternelle
mais demeure le souvenir
le coeur évacue le vide
le remplace par du plein
du plein de couleurs
du plein de parfums
du plein de rires amis
de rires complices
et la vie irradie
l’amitié, la tendresse
de ceux qui savent rester
quand tout est débâcle
on va la chercher loin, la joie
dans les racines enfouies
dans un sol gelé en surface
mais qui prépare en secret
le petit brin de vert
qui maintient la beauté du monde
Les paroles
déferlent
orageuses
sur nos jours
veiller à atteindre
le silence
des compromis
Dans le silence de la nuit
cri noir
du cauchemar
réveil
des blessures
qui suintent
leur panique
sur la peau moite
conscience
de la vie
en agonie constante
quand l’éternité recule
les limites de l’endurance
Aube frémissante
de fins pas d’oiseaux
brodés sur le sable
ou tu redoutes
d'être pris au mot
alors tu tergiverses
tu compliques tout
ce n'est pas difficile
il y suffit d'une gerbe
de mauvaise volonté
bien coupée en quatre
d'une tranche de scepticisme
en parfaite marinade
d'une roulade d'ironie
en lanières régulières
de quelques graines
tendres ou sèches
de susceptibilité
trempées dans l'eau tiède
des velléités
puis flambées à la colère
et nappées de tristesse
Les mots se taisent
au fond de moi
règne le chaos
tous mes chemins épars
obliques inextricables
qui se coupent et se recoupent
sans arriver nulle part
je me regarde échouée
au bord d’une solitude étrange
où sont les mots
oiseaux envolés
pris de vertige
ou de peur
emportant avec eux
les couleurs de mon coeur
Soleil matinal
rosée immobile
sur l’herbe du chemin
La solitude crée des perspectives
quand elle renonce
pour un temps
aux rêves stridents
de la foule
aux visages trop nus
pour le regard
elle respire un air neuf
et ses chevaux galopent
à tombeau ouvert
dans les vertes prairies
de la liberté
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