Le Nil est à l’approche du soir
Un métal en fusion
Dans un vaste encensoir
Tremblant de bleus frissons
L’herbe aquatique roule
Ses guirlandes lourdes de fruits
Dans les doux creux de la houle
Qui prend des teintes de nuit
Noire, est la felouque au repos
Fins, ses traits à l’encre de Chine
Son mat nu, monte, éteint le flambeau
Pour que la lumière décline
La voile gît sagement pliée
Le gouvernail dort, immobile
Le jour se love dans les reflets
Du grand fleuve tranquille
Je me lève heureuse
De penser à nous
La joie généreuse
Me comble de tout
J’étire mes membres
Je respire à fond
Le 4 novembre
A le chant profond
Pour ce 4 novembre
Je voudrais t'offrir
Le jour le plus tendre
A vivre et à chérir
Tout s’éclaire
au scanner
de la logique
les jours tranchent
dans le vif
les gestes oubliés
inventent dans les miroirs
un scénario
pour roman fantôme
moment furtif
qui nous éveille à la beauté
grands nénuphars blancs
dans leur écrin de feuilles
se détachant sur ombre bleue
le jour en partance
saigne de ces enluminures secrètes
l’espace
frissonne
chanté par les
fontaines inconnues
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