Samedi 22 septembre 2007

 

D’ou viennent les larmes

Quel silence, quel espace

Traversent-elles les larmes

Avant de sourdre à la surface ?

 

De quelle phrase impulsive

Lancée comme par hasard

Qui n’atteint pas la rive

Et meurt dans le brouillard ?

  

De quelle peine trop profonde

Pour être jamais guérie

Et qu’on porte dans le monde

Sous les rires  sans répit

 

Elles viennent du silence

En lame de couteau

Jaillissent de l’offense

En vrilles et en copeaux

 

Sont-elles choc et frénésie

Sont-elles  acres morsures

Lorsque la jalousie

Déchire et torture

 

Elles vont et viennent les larmes

Comme une marée de jais

Jamais elles ne désarment

Ne s’arrêtent jamais

 

Parfois elles se font douces

Ramènent avec elles

Des griefs qui s’émoussent

Aux sentiments fidèles

 

Elles annoncent la chute

Des digues de la peur

Quand on réagit et lutte

Contre un trop plein de douceur

 

Elles ont tissé entre nous

Des guirlandes de secrets

Les plus beaux, les plus fous

Qu’on dira jamais

 

 

 

 

 

 

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                        

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                 D’ou

 

 

par marlou
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Vendredi 21 septembre 2007

  Retour

 

Je suis arrivée hier

J’ai retrouvé mes plantes

Le regard tendre et fier

Les boucles dansantes

La queue en tourne moulin

A pomper la musique

De mes deux chiens

Aux câlins frénétiques

J’ai aussi retrouvé

Après un long somme

Le charme désuet

De mon sweet home

Il m’a fallu réapprendre

A bouger dans ma cuisine

Essayer de reprendre

Les taches anodines

J’avais oublié tout cela

Qui revient comme une frise

Sur un mur d’autrefois

Qui coulisse en surprise

Mon cœur veut régler aussi

Les problèmes de chauffage

Je dois m’habituer ici

A porter un lainage

Il y a les valises à défaire

Pour tout remettre en place

Et noter comme naguère

Ce que l’oubli efface

Mais je veux voir tout au soleil

Et porter des lunettes roses

Je veux sourire dans mon sommeil

Et attendre qu’arrivent les choses

 

par marlou
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Mercredi 19 septembre 2007

Tu es à la fenêtre
tu bois ton café
tu allumes une cigarette
tu me défies
je m 'arrête
et te regarde fixement
au bout d'un moment
tu ris
sans låcher ton mégot
Qui aura le dernier mot?


par marlou
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Lundi 3 septembre 2007

L’amour est triste

Comme tout ce qui est beau

En lui existe

L’espoir du renouveau

 

Le cœur mis en veilleuse

Se réveille soudain

Le sentiment creuse

Le lit de ses ravins

 

Le sang à toute vitesse

Irrigue le cerveau

La naissante tendresse

N’a pas besoin de mots

 

Toute la joie ruisselle

Sur l’écran étoilé

De l’émotion nouvelle

Qu’on ne peut contrôler

 

L’amour est lisse

Comme soie sur la peau

Comme l’esquif qui glisse

Suavement sur l’eau

 

Ses mille reflets

Que l’onde ravive

Pour les caresser

Enchantent ma rive                                                                                                                          

 

par marlou
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Lundi 3 septembre 2007

L’image me poursuit

Elle m’accule

Au silence

Dans un coin de nuit

Je bascule

Dans la souffrance

 

Vos têtes rapprochées

Vos murmures

Vos plaintes

Vos mains accrochées

Au temps qui dure

Sans crainte

Je m'enfuis
Mais l'image me poursuit

par marlou
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Jeudi 30 août 2007

Les cernes sur ton visage

Sont le lit du fleuve amer

Qui emporte en son passage

Ton désir de voir la mer

 

Car tu as rêvé longtemps

Du sable blond d’un rivage

De palmiers ivres de vent

D’un ciel de printemps sauvage

 

Tu voulais bien davantage

Jouir des nuits et des jours

Hors des barreaux de ta cage

Voler dans un cri d’amour

 

Mais la vie cette usurière

T’a poussé au dérapage

Au tournant une civière

Et c’est la fin du voyage

 

par marlou
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Mardi 28 août 2007

 

Tu n’es jamais là

Même à deux pas

Toujours des barrières

Arrêtent la lumière

De ton regard.

Tu viens, tu repars

Imperturbable, impassible

Comment serait -il possible

Le moindre échange

Avec un ange

Toujours absent

Soucieux seulement

De son auréole de lumière

De ses barrières ?

 

par marlou
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Lundi 27 août 2007

Pour me distraire

je me bâtis

un jeu de construction

de mes possessions

j’ai une maison

quatre murs mobiles

un bureau, un lit

plusieurs fenêtres

d’où je vois venir

le temps et ses couleurs

dehors un merisier

une haie de cyprès

des tourterelles

des  papillons blancs

poursuivant les couleurs

disparues à leur insu

un pommier généreux

un ciel à fond bleu

qu’adoucissent les nuages

quelques pages de poèmes

et d’amour à fleur de peau

une voix dans cet espace

des mots merveilleux

un regard qui efface

les peurs d’un passé anxieux

des pas unis à l’aube

dans les chemins de rosée

les parfums que l’on dérobe

à l’herbe après l’ondée

les saveurs les odeurs

le miel riche de ses fleurs

cette eau fraîche des torrents

les truites de la rivière

les sentiers où erre le vent

la dentelle des fougères

les sous-bois à l’ombre verte

intrigués l’on y va

de découverte en découverte

et l’on herborise

à cœur joie

 

par marlou
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Lundi 6 août 2007

 

 

Qu’as-tu fait de moi

qu’ai-je fait de toi

nos pas ont emprunté

un chemin de ronces

qui gravent en nous

leurs étoiles de sombre vermeil

Les mots nous ont trahis

et leur poison

a tari l’eau de notre source

Le soleil au zénith

est douleur à nos lèvres

et brûlure à nos yeux

Tout en nous fait mal

car ta vie en moi

car ma vie en toi

est une plaie béante

Que n’avons-nous gardé le silence

qui raccommode discrètement

les coupures secrètes

que chacun fait à l’autre

Maintenant tout est à refaire

qui baissant le front

pétrira la terre de ses larmes

tirera de ses forces jusqu'à épuisement

l’image d’un pont nouveau

à tresser vers l’autre

avec les brindilles des souvenirs

 

par marlou
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Vendredi 27 juillet 2007

 

 

Dans l’eau glauque

du marécage

nage

une bulle

prisonnière

de ses chimères

 

elle roule sa bosse

ça et là

sans trop se plaindre

avec bonne grâce

 

mais les relents lents

l’empoisonnent peu à peu

 

qu’est-ce qui se passe ?

elle crève à la surface

 

est-elle déçue

 

mais non, pas du tout

 

libérée, elle fuit

de sa cage
dans le marécage

et refait sa vie

par marlou
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