deux mois après
essayer essayer
oublié le mot de passe
deux mois après
essayer essayer
oublié le mot de passe
Après
tant d’ années
s’arrêter
devant
la résistance
de son propre cœur
passé
remis
à jour
retrouvés
les parfums
enterrés
sous la trame
des remords
éclatés
de leur cocon
de peur
dans le tumulte
de la vie
qui recommence
à Noël
d’un regard
elle le renvoie
-- cigarette
métro
il plie son journal
au nez du voisin
Dans les mains
le rire
qui bat la campagne
le murmure
des moments
qui habitent
la douceur
la lumière
attisée
aux branches
où s’inscrivent
les heures
du paquet oublié
un mouchoir
lui fait signe
L’ARCHE DE TROSLY
Jadis, l’arche biblique avait sauvé du grand déluge, sept hommes. Aujourd’hui la nouvelle Arche abrite ceux qui essaient de survivre à l'ère de la solitude.
L’aventure avait commencé comme dans un conte de fées. Peut-être faudrait-il raconter ainsi l’histoire : Il était une fois deux hommes avec un handicap mental, Raphaël et Philippe, qui dépérissaient dans un asile. Un jour, un étranger survint. Jean Vanier avait vainement cherché, un sens à sa vie, dans la carrière militaire, puis dans le monde des idées. Il lut dans leur regard, leur besoin d'amitié. Il ne se déroba point.
Après les autorisations nécessaires, il les emmena à Trosly Breuil ou il avait achète une maison qu’il nomma l’Arche, en souvenir de celle de Noé. Là, une vie nouvelle commença pour eux : « heureuse, rythmée par le travail, les repas, la détente et la prière ».
D’autres devaient les suivre. Aujourd’hui on compte deux cents personnes avec un handicap et deux cents assistants dans les Arches de France. C’est que l’Arche est
devenue une force qui révolutionne le système des valeurs relationnelles.
D’abord les personnes avec un handicap y recouvrent leur droit au respect car limitées intellectuellement et manuellement, elles sont souvent plus douées que les autres sur le plan du cœur. Il suffit qu’on les accueille par le regard, le ton de la voix, pour atteindre l’essentiel : « la part de lumière qui est en elles ».
Les assistants eux, y trouvent l’occasion de souligner leur identité à travers la «recherche de la vérité sur soi et sur la vie.» En dépassant leurs blessures, ils apprennent par «l'écoute et la bonté, à aider d’autres à vivre plus pleinement leur humanité et à se réunir dans le partage et l'amitié.»
L’Arche a également un impact indirect mais indéniable sur ceux qui ont lu le livre relatant l'expérience de Jean Vanier «Toute personne est une histoire sacrée. » Ils sont touchés par l’accent de sincérité qui s’en dégage, quand l’auteur parle de lui-même, parle de nous.
Nous sommes plus stressés que les personnes handicapées. Nos peurs nous gouvernent, et la solitude en nous est difficile à vaincre. Quand nous avons vécu l'échec d’une relation, nous nous forgeons une carapace par crainte d'être dévalorisés, abandonnés, écrasés par l'autorité ou happés dans l’engrenage des besoins «illimités des autres. » Nous nous enfermons en nous-mêmes, croyant que l’ennemi, c’est l’autre.
Il est bon de descendre au fond de soi, nous conseille Jean Vanier et de reconnaître ses blessures. Car, seule, la vérité libère. On peut alors faire le pas décisif : celui d’aller vers la relation «communion» On est sur le pont fragile du premier oui, au-dessus de l’inconnu. On se met à découvert. On n’a à offrir que sa vulnérabilité et ses limites. Mais, l’amour simplifie tout. Tagore l’avait exprimé : «quand la flamme intérieure parait, elle fait du dedans et du dehors un seul foyer et toutes les barrières tombent en cendres. »
La libération est aussi assurée par la gratuité de l’amour : chaque habitant de l’Arche sait qu’il est aimé «inconditionnellement, non pour ce qu’il peut donner, mais pour ce qu’il est. » Ce n’est pas par les branches qui s’effleurent qu’on peut rompre sa solitude. Ce n’est pas par l’admiration, elle ne dure pas longtemps; ce n’est pas par la générosité, elle rend celui qui reçoit inférieur à celui qui donne ; mais par la compassion, par les racines qui se nourrissent à la source de l'être qui est aussi révélation de l’univers.
Alors, chacun se sent précieux, digne d'être pris en charge, et d’assumer sa part de responsabilité envers l’autre. C’est cet engagement mutuel qui marque la vraie maturité de l’esprit humain.
Pour toutes ces raisons, l’Arche est un lieu de guérison intérieure, de réconciliation, de paix. Comment s'étonner que soixante-dix pays en acceptent le principe de vie ? .
On constate donc un effort international pour accueillir le différent, le marginal, le démuni c’est ainsi que l’on voit les villages d’enfants SOS, les Resto du cœur, l’accompagnement des malades incurables, la lutte contre la famine dans le monde comme autant de manifestations de cet esprit de tolérance et de fraternité si joliment appelé «l’humanitude» par l’auteur de «Vivre ensemble ».
dans la nuit noire
clarté
d’un éclair
le ballon
dans le ciel
tous les yeux aussi
éphémères
qu’éveille
la nudité
de l’aurore
tout enluminés
de l’éblouissement
des fêtes
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