Les statistiques sont formelles. Les voyages attirent de plus en plus. Même les plus sédentaires des êtres humains,(je veux parler de ceux
qui n’ont besoin pour vivre que du Net), s’y laissent prendre
J’ai essayé
d’y réfléchir. J’ai posé des questions à gauche et à droite, (une vocation manquée, on dirait). Personne ne me donnait de réponse
convaincante.
Je n’ai pas désespéré .Je pensais bien qu’un jour ou l’autre, cette vie si curieuse me donnerait l’illumination nécessaire pour que je me tienne enfin tranquille.
C’est l’année dernière que cela est enfin arrivé Nous devions décoller à 2.00 am,
mais un accident technique a fait annuler le vol .Longues heures sans visage dans l’anonymat d’un aéroport .non préparé à gérer un surnombre de voyageurs.
Cela bouge, ou dort, qui, recroquevillé en chien à fusil, qui, se cachant des mains une tête endolorie par la fatigue.
Quelques heures plus tard, l’aube délie les langues .En rouvrant les yeux, on sourit à ses voisins d’infortune, on se laisse aller à un
commentaire drôle. .On ne tient plus à sa réserve habituelle. On essaie avec une bonne volonté méritoire, sa langue de réserve, sa deuxième langue. On lui fait dire ce qu’on ne se dit même pas à
soi-même. On est porté par une vague que l’on ne maîtrise pas encore, vers une zone de confiance bonne manifestement pour le cœur .On partage, ce qu’on est, avec l’autre, on voudrait faire sienne
la vie de l’autre.
Les heures sans visage, prennent visage, celui de l’autre, revendiquent un nom, une histoire à se raconter plus tard comme un beau
souvenir.
Alors on découvre qu’on vient de se défouler sainement, sans arrière-pensée en vidant le trop plein de son cœur, et que le peu de douceur qu’on en ressent suffirait à remplir le vide d’une
année
Avis à tous les mal-aimés. Et qui ne l’est pas, un
jour ou l’autre?
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