fin de semaine
plus d’animation
qu’au début
fin de semaine
plus d’animation
qu’au début
L’ombre fuit
le jour pointe
au bout de la nuit
il recommence
à emplir les heures
de l’âme des couleurs
pour que la vie danse
grand-mère assise
le cartable de l’enfant
sur les genoux
trois paires d’yeux
différentes rubriques
du journal
Le flot
de leur soif
je l’entends
crever
aux ravins
du sommeil
allumer
cette lampe
sans racines
qui s’affale
au moindre vent
pour n’avoir
pas connu
le pilier secret
de la justice
Pain millénaire, pétri de patience
A perte de vue sur les champs d’épis
Indice de vie et d’amour intense
Né de l’effort de l’homme qui grandit
Quand je vois le bon pain sur ma table gourmande
Je vois les champs dorés au soleil réchauffés
Les épis s’agitant par le vent caressés
Et les coquelicots de mes plaines normandes.
Quand je sens le bon pain au seigle ou aux amandes
Au son ou aux épices, au levain, aux cerneaux
Je hume son odeur au sortir des fourneaux
Se livrant ainsi chaud aux bouches comme offrandes.
Quand je touche le pain vêtu de ses atours
Parfois rêche et rugueux parfois si délicieux
Je touche la peau douce aux délicats contours
Des chaumes se parant d’épillets malicieux.
Quand j’entends le bon pain à la croûte croquante
J’entends le bruit des meules qui écrasent les grains
Les mains du boulanger pétrissant au pétrin
La pâte transmutée en robe croustillante.
Quand je goûte le pain et sa mie si moelleuse
Fondant entre mes dents en fusion succulente
Je goûte l’eau des prés et des terres aimantes
Donnant la vie aux blés en sève tumultueuse.
Le pain c’est d’abord un sens du sacré. :
« il prit le pain, le bénit, le rompit et le distribua à ses apôtres en disant prenez et mangez… »
Paroles clés de l’instant essentiel de la messe catholique.
Raison de rencontre, denrée de partage, symbole de l’amour, de la charité, du cœur ; donner, recevoir.
Ce sens du sacré est une fondation de la vie. C’est la source du respect. Respect de la nourriture, des peines engagées pour l’avoir, des autres, de leurs goûts, de leur culture, de leur
philosophie. Respect et tolérance. Rejet du gaspillage.
Le pain c’est ensuite un langage. :
Il est définition de la nourriture dans presque toutes les langues : aliment universel, avec levain, sans levain, azyme, fait de blé, de seigle, de froment, de son, blanc, noir, de toutes formes,
le pain est souvent la base alimentaire des hommes.
Le pain, pour moi, c’est aussi un souvenir.
Le souvenir des miches ou des grandes « fluttes » (pour famille nombreuse), sur lesquelles mon père faisait une croix avant de le couper.
Le pain c’est encore chez moi, une saveur.
Le pain, c’est bon, c’est délicieux, même ! Comme ça, avec un peu de beurre salé ou pas, une portion de fromage, une barre de chocolat à croquer ou même sans rien, nature.
Le pain, c’est enfin, la représentation de la vie
Le pain est vivant, il naît, grandit, mûrit, vieilli. Il est mélange de tendreté et de force sous sa carapace croustillante. Il a de l’âme, de la subtilité. Il parle, craque, gémit. Il est
autonome.
Le pain est la vie et que serait la vie sans pain ? Probablement rien qu’un long jour sans sel, sans saveur, sans fin.
Le boulanger fait vraiment un beau métier !
Cette allée
jonchée
d’ailes
rutilantes
de soleils
amarante
aux branches
par le temps
arrachés
dans cette école
d’un côté puis de l’autre
des bancs
Commentaires Récents