Vivre dans la nuit
Des couleurs
Libérées de toute contrainte
Capricieuses
Qui peignent le ciel à leur guise
Parler sans bruit
Dans l’écho des crevasses d’ombre
Ne plus savoir l’heure
En ces ténèbres habillées de soie
Avoir froid
Et en rire quand même
Comme d’une bonne blague
Les chaises grimacent
Face et double face
En lame de couteau
La table piétine
Les mots désarticulés
Qui lèchent les souliers
L'horloge battante
Que bat-elle exactement
A plate couture
En etrange mixture
Est-ce la campagne
Est-ce les buissons
Les rideaux frémissent
Dès qu'entrent en lice
Tous les vents du soir
Les tapis de laine
Aux franges qui s'emmêlent
Veulent avoir des ailes
Pour aller vivre ailleurs
L'imprimante
Etale ses états d'âme
En film noir et blanc
Elle affabule
Pour un regard crédule
Les cadres se figent
Larmoient et s'affligent
Devenus sous-venir
Le buffet Bas-les Pattes
S'arrondit et se flatte
De toutes ses pro-visions
Pitre d'univers
Qui entre en transes
A tort et à travers
Feu rouge
Vingt étoiles rouges
s'allument à la fois
Personne ne bouge
Feu jaune
Le moteur ronronne
vibre sous la main
on desserre les freins
qui abandonnent
Feu vert
Le chemin offert
les cheveux au vent
jusqu'aux feux suivants
à tombeau ouvert
Par la trouée des heures
le vent
incise
le silence
l'ombre
rend ses morts
aux algues phosphorescentes
des nuits
ce qui reste
des gestes oubliés
parle aux miroirs taciturnes de l'aube
mains aveugles tendues
vers le jour au chant profond
Les yeux affinent l'émerveillement
au creux des intermèdes
chavirant des neurones ivres
de citations percutantes
de radieuses randonnées
ces maillons incontrolables
de la percée de l'illusion
Les yeux colmatent la brèche
entre le songe et la réalité
ils savent brouiller la vue
pour créer les germes du bluff
ils dérivent vers la beauté
qui désinfecte le plaies du quotidien
ils disloquent l'ennui
dont les blocs disparaissent
instantanément
du miroir de la rétine
libérant l'enchantement
de l'expression inachevée

Contre la vitre
les yeux entrouvrent
sans effort
les flots épars du réel
détournent
la rivière subtile des doutes
cernent les regrets fanés
des lendemains de fête
pacifient l’espace
le passé aux corolles défaites
ramènent à la surface
des mots qui éclatent leur voile
me soulèvent
jusqu'à la porte unique de l’aube
Longtemps il y eut des gens
rêvant de crever les yeux aux étoiles
les méchants notoires
meurtriers en puissance
les méfiants
lorgnant leur clarté lointaine
les indifférents
imitant sans y penser
les saccageurs de ciel
les mercenaires
faisant simplement leur tâche
Quelle différence pour les etoiles ?
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