Gratter
les premiers mots
du poème
creuser
dans la peau
du poème
s’enfoncer
dans le mou
du poème
attendre
d’être pris
dans le poème
n’en faire qu’un
avec lui
Gratter
les premiers mots
du poème
creuser
dans la peau
du poème
s’enfoncer
dans le mou
du poème
attendre
d’être pris
dans le poème
n’en faire qu’un
avec lui
Elle se voudrait
plaine offerte
à tous les vents
de la mer
dans ses veines
coulerait
le tumulte
des rencontres
la sagesse
des partages
la douceur
de l’harmonie
la folie des mots
qui affabulent
pour un monde meilleur
le leur
Arrêt
sur image
la beauté
mise à jour
traînée
sur le chemin
de l’exil
et ricanent
les paumes
noires d’envie
le chapelet
de mots de vie
perd ses grains
au milieu
de la foule
silencieuse
quelqu’un
se penchera-t-il
pour les amasser
avant que les efface
le reflux des heures ?
Réalité
de tous les jours
humbles soucis
quotidiens
grisaille
de ces sourires
des choses
si reposante
après le pourpre
des drames humains
L’or de la terre
dans l’échine
des grottes bleues
millénaires
recompose
dans un rêve
à l’envers
les limbes
des désirs
de richesse
de puissance
folie éphémère
La tendresse
derrière
un océan
de regards
d’images
de mots
ramenés
doucement
par le reflux
de la vie
L’espace
offert devant
les ailes guéries
et le temps s'efface
sans voir naître un élan
car l'on est malgré soi repris
au piège de la même flamme
espoir sans fin jaillissant
au Levant de l’âme
amour
infini
espace
Fin du jour
l’eau sculptée
par la brise
en petits plis soleil
s’étire
la lumière
oubliée
habite encore
ses lents frissons
mais plus pour très longtemps
J’attends dur et misérable
En cet affreux bureau
Une réponse exécrable
De mes satanés bourreaux
Et moi sans larmes, je pleure
Je me sens déjà parti
Travailler n’est plus qu’un leurre
Il ne reste que dépit
Le souvenir des années
Coule de la plaie ouverte
En vagues désordonnées
Sur ma vie grise et déserte
Tout bascule, tout chancelle
La joie semble loin déjà
Les coins d’ombre s’amoncèlent ?
Il n’y manque qu’une croix
Il met en marche
le poète
ses bataillons de mots
jusqu’au refuge
de la pensée
à l’ultime tremplin
des nuits sans lune
il se nourrit
de leur seule lumière
pour éclairer les autres
tous ceux qu'il aime
de leurs tendres chaînes
il s’enferme dans le vide
pour glaner
la moisson
de la journée profonde
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