Dimanche 23 septembre 2007
Foret
de la pensée
qui mord
les rocs de
l’immobilisme
qui explose
les obstacles
de la paresse
de l’ignorance
du manque d’envergure
de l’action
silence profond
de celui qui s’acharne
à creuser sa destinée
dans le noir
en regardant
une étoile
à la fin du tunnel
D’ou viennent les larmes
Quel silence, quel espace
Traversent-elles les larmes
Avant de sourdre à la surface ?
De quelle phrase impulsive
Lancée comme par hasard
Qui n’atteint pas la rive
Et meurt dans le brouillard ?
De quelle peine trop profonde
Pour être jamais guérie
Et qu’on porte dans le monde
Sous les rires sans répit
Elles viennent du silence
En lame de couteau
Jaillissent de l’offense
En vrilles et en copeaux
Sont-elles choc et frénésie
Sont-elles acres morsures
Lorsque la jalousie
Déchire et torture
Elles vont et viennent les larmes
Comme une marée de jais
Jamais elles ne désarment
Ne s’arrêtent jamais
Parfois elles se font douces
Ramènent avec elles
Des griefs qui s’émoussent
Aux sentiments fidèles
Elles annoncent la chute
Des digues de la peur
Quand on réagit et lutte
Contre un trop plein de douceur
Elles ont tissé entre nous
Des guirlandes de secrets
Les plus beaux, les plus fous
Qu’on dira jamais
D’ou
Vendredi 21 septembre 2007
Les portes
Chacun porte en soi
Un jardin secret
Un jardin aux mille portes
Il y a des portes pièges
Des portes à fonds perdu
Des portes armées
La porte de l’habitude
La porte centrifuge
Certaines vous donnent
La clef de la ville
Ou celle des champs
D’autres celle du mystère
Ou la clef de voûte du système
Quel système ?
Qu’importe ?
Il faut guetter
Etre la en attente
Devant la porte promise
L’enfermer dans son regard
Jusqu'à ce qu’elle vous emmène
Ailes déployées
Dans le courant de la vie
Vendredi 21 septembre 2007
Retour
Je suis arrivée hier
J’ai retrouvé mes plantes
Le regard tendre et fier
Les boucles dansantes
La queue en tourne moulin
A pomper la musique
De mes deux chiens
Aux câlins frénétiques
J’ai aussi retrouvé
Après un long somme
Le charme désuet
De mon sweet home
Il m’a fallu réapprendre
A bouger dans ma cuisine
Essayer de reprendre
Les taches anodines
J’avais oublié tout cela
Qui revient comme une frise
Sur un mur d’autrefois
Qui coulisse en surprise
Mon cœur veut régler aussi
Les problèmes de chauffage
Je dois m’habituer ici
A porter un lainage
Il y a les valises à défaire
Pour tout remettre en place
Et noter comme naguère
Ce que l’oubli efface
Mais je veux voir tout au soleil
Et porter des lunettes roses
Je veux sourire dans mon sommeil
Et attendre qu’arrivent les choses
Le jour tombe
sur la rue
derrière les rideaux
les objets épient
l’heure de grâce
les images alimentées
par la source des couleurs
reprennent densité
et vivent autonomes
lorsque se tait le monde
Mercredi 19 septembre 2007
Tu es à la fenêtre
tu bois ton café
tu allumes une cigarette
tu me défies
je m 'arrête
et te regarde fixement
au bout d'un moment
tu ris
sans låcher ton mégot
Qui aura le dernier mot?
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