Attendre aux bords de la brèche
tendre l’oreille
essayer les sons
de la manière la plus douce qui soit
chérir chaque approche
des jeux capricieux
du silence et du murmure
capter sur la berge
la lueur qui résorbe le brouillard
et crée le regard
Attendre aux bords de la brèche
tendre l’oreille
essayer les sons
de la manière la plus douce qui soit
chérir chaque approche
des jeux capricieux
du silence et du murmure
capter sur la berge
la lueur qui résorbe le brouillard
et crée le regard
Les arbres sont pacifiques et débonnaires. Ils ne se mettent jamais sur votre route .Pour leur buter dessus, il faut vraiment quitter le chemin, aller à leur rencontre, à travers bois.
Le coup peut être rude car malgré leur prudence, ils ne peuvent prendre leurs jambes à leur cou, et se protéger contre le pare-choc des intrus
Ils saignent alors les arbres de tous les oiseaux envolés, des nids abandonnés, du silence agonisant de leurs étoiles
Le premier pas aspire la mémoire
en ce jardin aux herbes dures
qu épie la durée fugitive
l’année fleurit ses branches inquiètes
dans l’enlacement des mains
qui vont se désunir
avant la fin du jeu
l’eau veut retenir
dans le cœur de la pierre
l’empreinte des murmures
qu’emporte le courant
malgré le gouffre amer
ouvert sur le vide
multiplier les tentatives
ne jamais se désister de vivre
Silence
de la vague figée
en la perception première
d’un élan
sans cesse renouvelé
afflux de la vie
dans les couleurs créées
ce jade liquide qui déferle
panaché de blanc
par le mouvement
par la projection constante
par le don
Mon chien
Museau humide
De câlins
Tu avais dit
mais
quels mots
lavés dans l’aube
se souviennent
de la nuit
Les départs m’aliènent
à la margelle du silence
dans le puits obscur
les mots vigilants se font
sentinelles de notre butin
les murmures s’accrochent
aux piliers des regards
et l’édifice s’élève
malgré la lourdeur
des maladresses
qu’il pleuve
nos mains dessinent déjà
l’arc-en-ciel
Le ciel pèse sur le vent
Qui amorce sa coulée
Vers la texture mouvante des vallées
Urgence à croire en ses promesses
Car fragiles sont nos noms
Et cadenassées nos fenêtres
La nuit imprime ses forêts
Dans le désert de nos songes
Nous défendons en vain nos royaumes
Contre les sources de l’invisible
Que tes gestes rayonnent
de l’or de l’instant
et le soleil sera
offrande à tes rives
oublie les détails
qui dessinent la tourmente
sur le lac étale du temps
décline tes pas
sur l’épitaphe
des noms oubliés
ils tisseront à nouveau
leurs amarres
aux rosiers de ton jardin
Sur cet été
dont nous découvrons l’île promise
nous sommes naufragés volontaires
grand déploiement de forces
primitives actives
pour la fête des sensations
fruits fraîchement cueillis
qui taquinent les narines
qui fondent sous la langue
piquant des embruns
sur la peau irritée
qui s’offre à la douceur du sable
à la fraîcheur de l’eau
tout ce bleu
qui nous ramène au pays
qui est le notre
et d’où nos corps étaient exilés
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