Mésaventure
Je cours à petits pas pressés : ne pas oublier d’être féminine…Hantise d’être en retard !
Que le train parte sans moi, est impensable. Le contrôleur me barbouille mon billet de ce qu’il pense être sa marque strictement individuelle .C’est bon, je
n’ai plus qu’à trouver ma place.
Et voilà que la vérité m’assomme. Pas de place. Je m’indigne : comment pas de place, alors que j’ai mon billet ?
Un second contrôleur examine mon billet et celui de la personne qui occupe le siège convoité ; Quand il comprend la situation, il se met à rire.
J’aimerais bien avoir envie de rire à mon tour .Alors, nous avons le même billet ?
-Mais non, madame, vous n’avez pas pris le bon train : le votre arrive quinze minutes plus tard.
Je suis penaude, et me demande s’il va falloir que je paie un autre billet .Il me rassure, laconique:
-Tout simplement, vous n’avez pas de place, et il me montre les compartiments bondés.
L’inquiétude refait surface : rester tout ce temps debout ?
Qu’y peut-on si le train ne s’arrête qu’à destination ?
J'essaie de me préparer à la situation, en commençant à compter les arbres qui défilent. Pas pour longtemps car la solidarité entre en
jeu parmi les gens assis ; celui qui tient à fumer, qui veut faire quelques pas, m’offre quelques moments de répit.
A tour de rôle, j’occupe les différents sièges qui se vident en alternance. Je reçois et je donne des conseils à propos des problèmes concernant les
enfants.( Les momes insupportables en vase clos) . Je ne regrette plus la place confortable, dont quelqu’un ne manquera pas de jouir, dans le train qui aurait du être le
mien., et le temps passe… Les kilomètres s’ajoutent tandis que je fais connaissance avec tant de gentilles personnes que ma mésaventure fait rire
tout le long du chemin
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