Les mots
qu’on n’a jamais dits
si lourds
à couler dans la grisaille
reptiles du silence
ils ont grandi
sans bruit
leurs crocs vénéneux
ont labouré la coque étanche
le lit
fait naufrage
dans la chambre immergée
Les mots
qu’on n’a jamais dits
si lourds
à couler dans la grisaille
reptiles du silence
ils ont grandi
sans bruit
leurs crocs vénéneux
ont labouré la coque étanche
le lit
fait naufrage
dans la chambre immergée
cimes
affûtées
du silence
le cristal d’une pensée
s’y heurte
réveille
le souffle de la musique
la mélodie se répand
sur la portée lumineuse
ou évoluent les cellules grises
éprises de la vie
C’est pour apprendre
Que j’ai scruté des yeux
les vagues de la haute mer
Qui ont un goût d’ailleurs
C’est pour la force de l’élan
Que j’ai secoué
La poussière de mes ailes
Et défié l’éclat dur du ciel
C’est pour la passion de vivre
En de vastes friches d’amour
Que j’ai ouvert les mains
Et fait la moisson des
couleurs
C’est pour l’absolu de la vérité
Que j’ai recueilli le miel amer
Dans les alvéoles nourries de soleil
Et t’ai donné cette coupe à boire
La gare hagarde
grelotte du froid
de l’absence
elle fait le guet
habille les heures
de graffiti
qui grincent
sous les pas inconnus
elle refuse de tomber
sous l’hypnose du sommeil
reste les yeux grands ouverts
en attente
de la germination
d‘une idée immuable
Rien qu’un sourire
pour décoder les signes
desserrer l’étreinte
de la solitude
à l’embrasure
des lèvres
sonder les indices
de l’appel
et feuilleter
sans fin
le regard
Le progrès a immergé la plaine
incursion de la poussière et de l’acier
l’horizon est un puits condamné
nulle fontaine ne s’y mire
la flore agonise
aux arbres de pierre
pendent des fruits amers
Que veut-elle la voile
qui taquine la brise
sinon fuir l’ennui
claquer
ses répliques
dans les courants
des rencontres
conquérir l’espace
quand blanchit
le zénith des midis
La douceur qui nous encorde
à l’éclaircie du silence
déblaie les vagues menaçantes
sur l’échiquier des jours
et dans la lumière
nous sculpte le burin de l’écoute
et nous libère
de nos gangues de pierre
fleuve unique
qui sourd en nous
pour désaltérer la soif des années
Le vent coule sur mes rives
des babioles venues de nulle part
les reflets de soie
d’une eau infinie
des spirales de coquillage
à la nacre fondante
des semis d’étoiles
dans les branches généreuses
des plumes d’oiseaux
lourdes du silence des voyages
des pans d’ombre bleue
épousant des couches de lumière
dans un corps à corps troublant
vivre avec le vent
de la pulsion secrète
du monde
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