Féerie de Disneyland pour grands et petits...
Féerie de Disneyland pour grands et petits...
une place
pour se garer
un autre plus rapide
coquette
la couleur de l’auto
assortie aux vêtements
un taxi dans la rue
un descend
l'autre monte
Le jour tombe sur la route
derrière les rideaux
les objets épient
l’heure de grâce
alimentés
par la source secrète
reprennent densité
vivent
autonomes
lorsque se tait le monde
la neige
noire dans les parkings
de la ville
la rose
dans l'étui de glace
toujours vivante ?
Nostalgie d’une blanche image
relique des frontières noires
de l’aube
mémoire du jour à vivre
pas nomades fleuris
entre les roses des sables
les yeux scrutent
ce qui ne vient pas encore
La chambre dorée...Ombre et lumière !
Sensation de paix.
L'horloge du temps est arrêtée.
Ces secondes, ces minutes qui me fouaillaient pour me précipiter vers mes travaux, mes recherches,
sont ce matin sans pouvoir sur moi.
Je goûte l'instant.
Je sens qu'il a plus à m'apprendre que l'accumulation de tous les suivants.
Pourquoi me suis-je si rarement accordé le temps de vivre, le droit de vivre ?
Il me fallait justifier sans cesse mon existence par ma production, par mon rendement, à mes yeux
comme a ceux des autres.
Mon existence, en soi, n'avait pas de valeur. Je ne croyais pas exister pour les autres, j'ai fini par ne
plus exister pour moi.
Ce matin, j'ai le droit d'exister tout seul, pour moi tout seul.
Je prends le droit d'exister.
Et les êtres et les choses autour de moi commencent à exister d'une existence plus dense.
Eux aussi commencent à avoir le droit d'exister.
Nous sommes un univers d'existences solides, réelles, également importantes et respectables.
C'est comme si le sablier de l'existence se remplissait de minute en minute de la quantité de réalité
qui le rend stable.
Ce n'est plus cette sensation de vide qu'il faut remplir d'actes, de mots, d'oeuvres.
Je goûte d'être immobile.
J'existe davantage de ne rien faire, je repose sur ma racine.
Quelle est cette racine ?
Je sens l'existence sourdre en moi sans arrêt, et ce mouvement, quand je l'observe, suffit à m'occuper.
Je lui fais confiance.
Je n'ai plus à intervenir, à me justifier d'exister, il me justifie.
Exister justifie d'exister.
C'est bon d'exister.
Ça ne doit « servir » à rien d'exister.
On n'est pas obligé de servir à quelque chose.
On n'est obligé de servir à rien.
On a le droit d'exister d'abord.
Il me semble que je cherchais sans cesse à justifier mon existence avant d'avoir pris conscience
et goût d'exister.
Jusqu'ici, il m'était incroyable que l'on puisse passer du temps sans rien faire et ne pas le sentir perdu !
Le temps n'est pas rempli de ce qu'on y met.
Mon temps se remplit par l'attention que je lui porte...
par le goût que j'en prends parce que je le considère
parce que je me considère
parce que je me suis restitué LE DROIT D'EXISTER.
Louis Evely, Extrait de son journal, octobre 1983
l'année passe plus vite
au fur et à mesure
que l'on mûrit
feuilles du calendrier
la derniere à tomber
cette nuit
Mon blog de lyrisme religieux, : http://comportements.over-blog.com
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