un sac énorme
à chaque main
chercher la clef
un sac énorme
à chaque main
chercher la clef
sur les pieds
chaleur encore précise
du soleil d’automne
les mots de colère
comme la journée raccourcie
les chagrins d’hiver
comme notre vie radoucie
cette lumière
cette perle de nos acquis
notre humble fortune
dans le mystère de la nuit
troublante lagune
le bleu de l’amour me séduit
comme un clair de lune
cette part si tendre de toi
qu’on ne peut comprendre
juste s’en réjouir
infinie béance
où tant de mains
puisent l’amour
sans savoir comment
germent ces graines
où se perdent les maux
dans la douceur des mots
qui illuminent le monde
la patience
l’éternelle absente
des files
la salle
se remplit peu à peu
de conversations
des dieux captifs
des mensonges
de leurs songes
nous avons arraché
sans le savoir
jusqu’aux racines
l’espoir des espaces
habitables
entre nous
nous sommes
et resterons
les exilés
de notre royaume
à un mètre du sable
les chaussures cirées
impeccable
m’émeut
la voix
de la terre
nourricière
recueillie
concentrée
sur les graines
à multiplier
pour l’abondance
de nos récoltes
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